Le fait qu'Exploited symbolise le punk montre à quel point celui-ci est perverti. En vérité, il n'y a rien de moins punk que ceux qui, pour se conformer aux clichés du genre, se sentent obligés de porter Doc Martens et crête d'un mètre de haut. Même le mollard est devenu un rituel ! Musicalement, on réduit le punk aux fameux trois accords. S'il est vrai que les Ramones, Adverts ou Buzzcocks ont tiré parti de leurs lacunes, Television et les Stranglers étaient quant à eux des virtuoses. La scène punk intégrait également l'influence du dub (c'est évident chez les Clash ou les Slits) ou de la musique électronique (Kraftwerk est l'un des modèles de Suicide et Magazine). Autre exemple de ce punk mal digéré, le "No Future" beuglé par Johnny Rotten dans 'God Save The Queen' à l'adresse de la reine. Mal interprété, il traduit aujourd'hui le nihilisme désespéré qu'on prête au mouvement. Sauf que celui-ci reposait en grande partie sur le "fun" ! Les Ramones ou Damned n'ont cessé de s'amuser. Et si Clash et Jam dressaient le constat d'une Angleterre moribonde, leur propos est toujours resté positif : "Tu peux changer le monde, même si t'es fauché et que tu joues comme un sourd !"
Le punk n'est pas une affaire sérieuse. Comment ces ennemis d'un rock élitiste auraient-ils pu se prendre au sérieux ?